Théâtre de la Manufacture

De 1992 à 2009 : le Théâtre de la Manufature – Centre Dramatique National de Nancy Lorraine

En 1992, après avoir obtenu de l’Etat le statut de Centre Dramatique Régional pour le Théâtre Populaire de Lorraine à Thionville, il est nommé à la direction du Théâtre de la Manufacture – Centre Dramatique National Nancy Lorraine.
Là, il continue d’affirmer son attachement au théâtre contemporain et sa volonté très marquée d’un théâtre de service public ouvert au plus grand nombre.

En 1992, il met en scène « Fin de partie » de Samuel Beckett joué à Paris Villette, aux USA et au Canada.
Il met en espace « L’Arbre de Jonas » d’Eugène Durif, à Rome en 1993. La même année, il met en scène « Adam et Ève » (Mikhaïl Boulgakov – Bernard Noël) au Festival d’Avignon In, et réuni en un seul spectacle les deux œuvres « Le Médium » et « Le Téléphone » de Gian Carlo Menotti, à l’Opéra de Metz et à l’Opéra comique (Paris).
En 1994, Jean Pierre Miquel l’invite à créer « Neiges » de Nicolas Bréhal à la Comédie Française.
En 1995, il met en scène « L’Opéra de Quat’sous » de Bertolt Brecht et Kurt Weill, qui sera représenté notamment au Théâtre National de Chaillot ; « Quoi de neuf sur la guerre ? », fragments de Robert Bober à La Cartoucherie de Vincennes, à Vilnius, et en Pologne.
En 1995, il met en scène « Le Misanthrope » de Molière, qu’il tourne sur le territoire national.

En juin 1997, il accueille en résidence pour une durée de trois ans, l’écrivain François Bon qu’il sollicite pour le théâtre. Avec lui, Charles Tordjman met en scène « Va savoir la vie », création impliquant 27 personnes en situation sociale précaire (RMIstes, illettrés…), et qui sera représenté au Festival d’Avignon In.

Au cours de la saison 1997-1998, il crée « Le Syndrome » de Gramsci de Bernard Noël au (Festival d’Avignon In, Nancy, Théâtre National de Bretagne, etc…), « Vie de Myriam C. » de François Bon (Théâtre National de la Colline) et « L’Appel de la mer » de Henri Rabaud à l’Opéra de Nancy.

En mars 1999, il met en scène « Fariboles », à partir d’œuvres de François Rabelais, adaptées par François Bon.
Son compagnonnage avec François Bon, et le travail de terrain mené avec les personnes en situation sociale précaire, se poursuit au cours de la saison 1998-1999 avec « Voix du peuple » : les textes recueillis auprès des sans-abris de Nancy sont publiés aux édition La Nuée Bleue – DNA et Éditions de l’Est dans un ouvrage intitulé « La Douceur dans l’abîme, vies et paroles de sans-abris », et de nombreuses lectures en sont faites (Congrès mondial des prêtres ouvriers à Strasbourg, Zénith de Nancy pour ATD Quart Monde, etc)

En décembre 1999, Charles Tordjman co-signe avec Daniel Martin la mise en scène de « Bastringue » à la Gaieté théâtre de Karl Valentin, dans un théâtre mobile (spectacle accueilli au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, et en tournée nationale).

En mars 2000, il met en chantier à Théâtre Ouvert « Bruit », de François Bon écrit en continuité, toujours, du travail mené avec les sans-abri de Nancy.

Charles Tordjman met en scène « Je poussais donc le temps avec l’épaule » d’après « Combray » et « Sodome et Gomorrhe » de Marcel Proust, créé en janvier 2001 à Nancy, programmé au Festival d’Avignon et repris au Théâtre National de Chaillot en 2002 , en Pologne, en Ukraine et en Russie etc…

Au cours de la saison 2001-2002, il met en scène « Oncle Vania » d’Anton Tchekhov.
En octobre 2002 suite à une commande de Jean-Pierre Miquel, alors administrateur de la Comédie Française, à François Bon, Charles Tordjman met en scène au Studio-Théâtre « Quatre avec le mort », de ce-dernier.
En 2004, il crée « Je poussais donc le temps avec l’épaule (temps 2) » d’après Marcel Proust (Théâtre National de Chaillot), et met en scène à l’Opéra de Nancy « Der Kaiser von Atlantis » de Viktor Ullmann. Cet opéra sera repris à la cité de la musique, au Théâtre de Caen… Puis il crée « Daewoo » de François Bon, au Festival d’Avignon In. Ce spectacle recevra le Molière du meilleur spectacle du théâtre public en région, et le Grand Prix de la critique.

En 2005, Charles Tordjman retrouve Bernard Noël et crée « Le Retour de Sade » au Théâtre National de la Colline. A la demande de René Gonzalez, directeur du Théâtre Vidy-Lausanne, il crée ensuite « Éloge de la faiblesse » d‘Alexandre Jollien, au Théâtre Le Poche de Genève, en novembre 2005. Le spectacle est joué dans toute la Suisse, en tournée jusqu’en avril 2006 puis repris en mars 2007 à Nancy et au Festival d’Avignon In.

Charles Tordjman crée « Anna et Gramsci », de Bernard Noël, au Théâtre National de Chaillot en avril 2006 qu’il reprendra au Théâtre Vidy-Lausanne et à Nancy.

En 2008, il a met en scène « Slogans » de Maria Soudaïeva, traduit et adapté par Antoine Volodine, représenté au Théâtre de Vidy-Lausanne, au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, puis en tournée nationale.
La même année, il reprend « Der Kaiser von Atlantis » à Luxembourg ainsi que « La Langue d’Anna » de Bernard Noël à Metz, au Teatro Piccolo Eliséo à Rome et à la Maison de la Poésie à Paris.
Il crée « Vers toi Terre promise », tragédie dentaire de Jean-Claude Grumberg au Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence, texte qu’il re-créera avec des comédiens israéliens au Théâtre Caméri à Tel Aviv en mars 2009.
Le spectacle créé à Aix-en-Provence sera repris pour trois mois au théâtre Marigny, à Paris.
Pour ce spectacle, Jean-Claude Grumberg a reçu le Molière 2009 de l’auteur francophone vivant. Le spectacle a également reçu le grand prix du syndicat de la critique pour la meilleure création d’une pièce en langue française.

En mai 2009, Charles Tordjman crée « Le Tribun » de Mauricio Kagel à l’Opéra de Nancy.
En octobre 2009 il crée pour la première fois en langue française « La Fabbrica » d’Ascanio Celestini au Théâtre de Vidy-Lausanne. « La Fabbrica » sera reprise au Théâtre de la Ville et au Théâtre Marigny (2010).

En janvier 2010, Charles Tordjman quitte la direction de la Manufacture – CDN de Nancy-Lorraine, et fonde sa propre compagnie : La compagnie Fabbrica.