Je poussais donc le temps avec l’épaule d'après "À la recherche du temps perdu" de Marcel Proust

Du 3 au 25 juin 2019
Théâtre de la Ville, Espace Cardin
Avant- première : les 18 et 19 Décembre 2018 à Bézier (Sortie Ouest, Domaine de Bayssan), Contact :06 64 54 19 73
MISE EN SCENE : Charles Tordjman

AVEC Serge Maggiani

ADAPTATION Charles Tordjman et Serge Maggiani
SCÉNOGRAPHIE Vincent Tordjman
MUSIQUE Vicnet
LUMIÈRES Christian Pinaud
COSTUMES Yohji Yamamoto
CONSEILLÈRE ARTISTIQUE Pauline Masson

Il y a plusieurs années j’adaptais et mettais en scène avec Serge Maggiani quelques passages d’ A la recherche du temps perdu de Marcel Proust.

Deux spectacles sont nés de cette audace sous un même titre emprunté à Saint Simon : « Je poussais donc le temps avec l’épaule».

Serge Maggiani, seul en scène pendant chaque fois une heure que durait chaque Temps savait d’une façon lumineuse nous faire paradoxalement baisser les paupières pour refaire les chemins de l’enfance, des amours déçus, des félicités, des douleurs, des corps fouettés, des bals étranges, d’une grand mère perdue… j’en passe et des meilleures..

Nous n’avons pas su résister au désir Serge et moi-même de replonger dans ces moments d’éternité accumulés dans cette œuvre immense. Nous y revoilà donc, tous les deux prêts à refaire ce voyage où l’excitation le dispute à la joie de ces retrouvailles.

Peut-être irons nous cette fois ci à la recherche des corps perdus, éperdus.

Il souffle parfois des désirs et des plaisirs qui dansent à côté du monde. On les trouve sur des chemins de traverse, sur des chemins de ruses, quand les paupières clignent contre le soleil et qu’une demi obscurité se fait.

Le voici donc revenu le temps des hommes-oiseaux, des hommes-poissons, des hommes-insectes. Voici venu le temps des yeux bandés, des cris d’enfants, des grand mères revenues…

Nous ne savons pas encore très exactement de quels nouveaux tremblements, de quelles découvertes seront fabriqués ces nouveaux temps.

Sûr qu’il y aura deux épisodes, sûr que parfois Serge Maggiani dira ces deux temps dans leur intégralité.

Sûr aussi que l’espace blanc et lumineux. Sûr que l’acteur aura ce même manteau noir qui l’enveloppait comme une pensée.

Sûr que violons et violoncelles seront de la partie, parfois moelleux, parfois bégayants.

Sûr enfin que nous tenterons de plonger encore plus profondément dans cette étendue de langue infinie.

Charles Tordjman