Quoi de neuf sur la guerre ? de Robert Bober

22 Janvier 2019
Scène de l'Hôtel de Ville - Sarreguemines
Création le 3 octobre 2018 Nancy
MISE EN SCENE : Charles Tordjman

Conseillère artistique
Pauline Masson

Scénographie
Vincent Tordjman

Lumières
Christian Pinaud

Costumes
Cidalia Da Costa

Musique
Vicnet

Production
Compagnie Fabbrica
Sortie Ouest Béziers

Association culturelle juive
55 rue des Ponts - 54000 Nancy

3 et 5 octobre : 20h30
6 octobre : 17h00 et 20h30
7 octobre : 17h00
9 octobre : 20h30
13 octobre : 17h00 et 20h30
14 octobre : 17h00
15 octobre : 20h30

Renseignements réservations :
0684567968 ou louisequoideneuf@gmail.com

Nous sommes en 1945-1946, dans un atelier de confection pour dames de la rue de Turenne, à Paris. Il y a là M. Albert, le patron, et sa femme, Léa. Leurs enfants, Raphaël et Betty. Léon, le presseur. Les mécaniciens, Maurice, rescapé d’Auschwitz et Charles dont la femme et les enfants ne sont pas revenus. Et les finisseuses, Mme Paulette, Mme Andrée, Jacqueline. Et il y a l’histoire de leurs relations et de leur prétention au bonheur.

Dans l’atelier de M. Albert, on ne parle pas vraiment de la guerre. On tourne seulement autour même si parfois, sans prévenir, elle fait irruption. Alors les rires et les larmes se heurtent sans que l’on sache jamais qui l’emporte. Alors, « ceux qui ont une idée juste de la vie » proposent simplement un café ou un verre de thé avec, au fond, un peu de confiture de fraises.

Il y a toujours urgence à faire son devoir de mémoire. Il y a toujours urgence à ne pas oublier.
Le roman de Robert Bober est de ceux qu’on n’oublie pas. Il est de ceux qui vous dit de garder les yeux ouverts contre la barbarie qui a secoué l’Europe, la France durant la seconde guerre mondiale. Il y va de notre responsabilité de dire et redire que des millions de femmes, d’hommes et d’enfants ont été massacrés parce que simplement ils étaient nés juifs. Cette abomination me hante. A ma modeste place, celle de metteur en scène de théâtre, cette abomination me demande de faire du théâtre un lieu d’utilité, un lieu de fraternité , un lieu où la douleur doit nécessairement se « transmettre ».

Il ne s’agira pas de « reconstituer » ces tragiques histoires qui parcourent le livre. Il s’agira de raconter avec simplicité ce qui est arrivé à une génération d’humains violemment embarqués dans ce naufrage de l’humanité. Et particulièrement pour ces humains qui sont « revenus » de leurs cauchemars. Comment vivre, comment aimer, comment épuiser ces « stocks de larmes ». Les jeunes générations ont besoin d’entendre ces histoires, elles ont besoin de savoir, elles ont besoin de découvrir le courage, la lucidité qu’il faut pour se reconstruire. Même si les sanglots ne sont jamais bien loin nous essaierons de rendre hommage à ces générations déchirées qui ont bâti le monde dans le quel nous vivons.

François Clavier est accompagné du Quatuor Stanislas. Leur interprétation apporte une puissante résonance à l’adaptation scénique du texte de Robert Bober. Joué pour la première fois au sein de l’Association Culturelle Juive de Nancy, c’est une véritable rencontre entre Histoire et musique moderne qui se produit au travers de ce monologue théâtral.

Quatuor Stanislas